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Entreprises de propreté

Qui sont les travailleurs sans papier dans le nettoyage ?


Publié le 16 janv. 2018 15:38:07

 

Il y aurait en France entre 200 000 et 400 000 travailleurs sans papier, principalement employés dans les secteurs de la propreté, de la restauration, du bâtiment ou encore des servcies à la personne.

Les chiffres officiels de l'OFPRA  (Office français de protection des réfugiés et apatrides) font état, en 2015, de 60 000 demandes de régularisation dont 73% d'entre elles ont été rejetées.
Derrière les chiffres et une évaluation forcément difficile du nombre d'étrangers concernés se cache une diversité des situations entre les travailleurs sans titre de séjour disposant malgré tout d'un  CDI ou d'un CDD en bonne et due forme, et les personnes en situation irrégulière employées sans être déclarées.
Dans le secteur de la propreté, certains acteurs au fait de la question avancent le chiffre de 10% des effectifs qui travailleraient de façon régulière, payant des charges sur leur salaire, voire des impôts, mais ne disposant pas d'un titre de séjour valide. Une zone grise entre « travail au noir » et situation régulière que connaissent la quasi totalité des chefs d'entreprise du secteur et qui les mettent dans une position totalement paradoxale.
« Nous n'avons pas les moyens de savoir au moment de l'embauche que les papiers sont des faux ou n'appartiennent pas à la personne que nous avons en face de nous. Le salarié est donc embauché légalement, validé par Préfecture mais n'a pas droit de travailler. Au mieux il a un titre de séjour, mais pas de titre de travail.  En revanche il est pour nous un salarié comme les autres qui ne peut pas être licencié au seul motif que son séjour est illégal » note le gérant d'une entreprise de propreté qui a permis la régularisation de plusieurs dizaines de salariés depuis 2005.

La question des métiers en tension
La vraie question se pose au moment où le chef d'entreprise découvre la réalité de la situation de son salarié.
« Nous avons en face de nous des agents qui travaillent parfois depuis des années sur un site, qui sont formés, et connaissent leur métier. Ils ont une famille et sont intégrés dans l'entreprise. Devons-nous trouver un motif de licenciement ou profiter d'une annexe 7 pour nous séparer d'eux et nous retrouver dans la galère d'un recrutement parce que notre métier, comme celui du bâtiment ou de la restauration connait les pires difficultés pour recruter ? » s'interroge le chef d'entreprise.
Une question que s'est également posée Béatrice Piron, députée LREM, à la tête d'une entreprise de services à la personne plusieurs années durant. L'élue des Yvelines qui souhaite s'emparer du sujet dans le cadre de son mandat veut pouvoir évaluer l'importance du phénomène et explorer pourquoi pas des pistes de régularisation, notamment pour les entreprises qui évoluent dans des environnements « en tension » au niveau de l'emploi.

A lire également : Retour massif du travail au noir dans les servcies à la personne 

 

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