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Entreprises de propreté. A l'heure du Covid-19, engagement total, incertitude et inquiétudes


Publié le 25 mars 2020 16:51:00

 

En 1ère ligne les entreprises de propreté doivent gérer l'urgence dans le respect absolu de la sécurité.

« La seule chose dont nous sommes certains c'est d'être sûrs de rien ! Ce que nous disons ou mettons en place aujourd'hui sera peut-être dépassé ou caduc demain ou dans quelques heures. Il en va de même pour les mesures de soutien aux entreprises. Notre activité est-elle essentielle ? Pour un nombre non négligeable de nos client elle l'est ! » confesse désorienté le patron d'une entreprise de propreté quelques jours après l'explosion de la pandémie en France.

Sécurité absolue et continuité de service

« Les conditions de travail sont forcément plus compliquées et je constate que nos agents font preuve d'un réel courage dans cette situation. Nous réorganisons les priorités. La sécurité de nos agents est essentielle, notamment dans les transports ou les hôpitaux où nous sommes très présents. Je pense notamment aux équipes qui travaillent à la Pitié, ou à l'hôpital Georges Pompidou dans des chambres de malades du Covid-19. Le stress est énorme et nous avons besoin de les rassurer, en leur donnant notamment tous les moyens de travailler en sécurité » insiste Catherine Chalvin, présidente du groupe Challancin.

Décontamination et désinfection

« Le rôle de nos agents est essentiel dans un contexte aussi anxiogène. Nous avons la chance de disposer -grâce notamment à la direction de l'innovation et de la performance, créée il y à quelques mois- de 3 protocoles spécifiques pour la décontamination et la désinfection sur lesquels nos agents peuvent s'appuyer. Cette expertise permet d'assurer des prestations en toute sécurité mais également de rassurer nos clients. Aujourd'hui 120 salariés du groupe peuvent travailler depuis leur domicile.Par ailleurs, tous les jours nous réunissons à 16 heures un comité d'urgence qui réunit l'ensemble des directeurs de filiales et chacune des directions de l'entreprise. Cette organisation nous permet de prendre des décisions au jour le jour » abonde pour sa part Benjamin Le Thiez, directeur innovation et performance du groupe Essi.

Rassurer les clients

« Au-delà de leur expertise qui est vitale en termes de désinfection et décontamination, nos équipes ont aussi un rôle d'accompagnement quasiment psychologique à jouer pour rassurer les clients. Pour cela il faut bien évidemment qu'elles travaillent en sécurité. Lorsque nos agents interviennent dans des bureaux ou des bâtiments vides ils n'ont pas besoin de masques, ce qui n'est bien entendu pas le cas dans les hôpitaux ou les hypermarchés par exemple » analyse Jean-Philippe Daull, Pdg du groupe normand Candor.

Au-delà de cet engagement sans réserve pour assurer la continuité de service, les dirigeants s'interrogent sur la mise en place des mesures d'accompagnement et de soutien aux entreprises instaurées par le Gouvernement. « Nous arrivons à la fin du mois et je suis très inquiète. Que va-t-il se passer pour mes salariés qui ont pris les 14 jours de congés maladie quand seront-ils payés ? Comment vont-ils payer leur loyer ? » s'interroge Catherine Chalvin.

« L'Etat a mis en place des mesures nous permettant de sécuriser au moins à court terme, nos trésorerie (charges sociales, impôts, prêts...) mais nous vivons un grand flou artistique sur la question du chômage partiel. D'un jour à l'autre les annonces sont différentes, et il nous faudra être très vigilants sur la constitution des dossiers. L'Etat va rapidement mesurer le coût de la situation, il nous faudra donner des preuves de l'arrêt d'activité. Tous nos clients ne ferment pas totalement les sites et la situation évolue d'heure en heure parfois. Ce sera très compliqué... » s'inquiète Jean-Philippe Daull, également représentant de la Fep et du Medef.

Lettre ouverte de la Fep

Philippe Jouanny, président de la Fep, s'est de son côté exprimé sous forme d'une lettre ouverte pour rappeler que « les entreprises de propreté sont un maillon essentiel de la lutte contre le coronavirus par leurs interventions dans les sites encore en activité et en particulier ceux sensibles et stratégiques comme les hôpitaux, dans les centres commerciaux, certaines écoles, les transports publics, les immeubles d’habitation et la gestion des déchets, les industries agroalimentaires etc. ». La fédération professionnelle demande également que les entreprises de propreté « puissent être incluses dans les métiers dits essentiels au maintien de la salubrité civique et pouvoir ainsi bénéficier des équipements et des moyens de transport en priorité. Il est impératif que ces professionnels de l’hygiène et de la désinfection puissent poursuivre leurs activités indispensables à court et moyen termes dans les conditions optimales de protection des agents de service de propreté. »

Le point de vue du professionnel

Paul Larroche, acheteur, groupe ESSI

« Les stocks tampon que nous avons constitué, sur notre plateforme parisienne nous permettent encore de faire face à la demande, notamment en solutions hydroalcooliques et EPI des équipes sur le terrain et des différentes filiales. Comme pour toutes les entreprises l'activité est tributaire des flux logistiques, il est difficile de garantir le moment d'arrivée des envois sur nos différents sites, c'est pour cette raison que nous assurons une permanence logistique un jour sur deux de 6 h à 22 heures. Nous devons également penser à la sortie de crise et à la demande en désinfection et décontamination qui sera très forte à ce moment là. »

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