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Entreprises de propreté. 3 questions à...Philippe Jouanny, président de la Fep


Publié le 8 déc. 2020 17:01:03

 

« La revalorisation des salaires ne se fera pas sans la révision des prix ! »

Une soixantaine de députés se sont émus des niveaux de rémunération des agents de propreté qui interviennent à l’Assemblée nationale, comprenez-vous leur réaction?

Les professionnels de la propreté, travailleurs de la seconde ligne, ont bénéficié de plus de visibilité qu’à l’accoutumé avec la crise. Et nous devons dire qu’il était temps que nos métiers soient vus et reconnus et il est maintenant temps que nos prestations soient évaluées à leur juste valeur. Pour rappel, ce sont des femmes et des hommes qui rendent les espaces de travail et de vie sains et sécurisés dans lesquels nous évoluons tous : le prix de ce service est essentiellement composé du salaire et des charges. Les clients publics comme privés doivent évoluer dans leur démarche d’achat de propreté car celle-ci est stratégique – même si jusqu’alors elle ne l’était pas perçue comme telle. La crise sanitaire actuelle montre à quel point la propreté est indispensable.

Au regard de l’implication des salariés de la propreté et des difficultés conjoncturelles nous avons, depuis de nombreux mois, décidé d’inscrire à notre agenda social la question des salaires et des prix de vente pour revaloriser les « travailleurs de la 2nde ligne » (la 1ère ligne étant le personnel médical). À ce titre, permettez-moi de souligner la revalorisation des salaires de + 3% du Smic et de la prime annuelle de + 50% sur 2 ans (doublé en 5 ans). L’ensemble de cette démarche sera accompagnée d’une nouvelle Conférence de Progrès sur le travail en journée et/ou en continu pour laquelle nous avons sollicité un parrainage du gouvernement. Elle réunira entreprises, représentants des salariés, experts, élus mais aussi des clients privés et publics.

Les donneurs d’ordres, publics notamment, sont-ils prêts à accepter des prix de prestations à la hausse ?

Ce n’est pas tant une question de prix que de vision. Demain, comme hier, le déconfinement invitera les Français à revenir sur leurs lieux de travail. Pour travailler dans des environnements sains, la prestation de propreté n’est plus nécessaire mais indispensable et notre savoir-faire un atout stratégique. Or, la revalorisation des salaires ne se fera pas sans la révision des prix : unique levier d’action. Si le télétravail présente de nombreux avantages, il induit plusieurs inconvénients majeurs et des conséquences en cascade pour tous les métiers, notamment de service, qui gravitent autour de l’entreprise. Pour le secteur de la propreté, on estime à environ 25% de présence en moins dans les bureaux ce qui, pour nos entreprises se traduira par une baisse d’activité et à terme une destruction de l’emploi.

Le questeur de l’Assemblée nationale a précisé qu’il était en « plein dialogue avec la Cgt et la Fep pour soumettre des progrès importants », qu’en est-il ? Sur quels points portent ces discussions ?

Depuis 2017, le fonctionnement de l’Assemblée nationale a évolué sous l’impulsion de ses présidents successifs. C’est dans cette démarche que le questeur Florian Bachelier a contacté la Fep pour avoir d’une part des informations sur les caractéristiques de nos métiers mais également voir comment la questure pouvait améliorer ses appels d’offres et in fine les conditions de travail des agents de propreté des entreprises intervenant au Palais Bourbon. Dans cette démarche constructive, la Fep est en contact direct et permanent avec les entreprises détentrices des marchés en question, qui d’un coup d’un seul se sont retrouvées sous le feu des projecteurs. 

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