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Hygiène et désinfection. L'INRS alerte sur certains dispositifs « anti-Covid »


Publié le 25 nov. 2020 14:14:00

 

L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) pointe du doigt certains systèmes ou protocoles qui peuvent présenter des risques.

Devant la multiplication de solutions plus ou moins innovantes et sérieuses proposées aux professionnels pour lutter contre la Covid-19, l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient d'émettre un avis d'expert en termes d'efficacité mais également de nouveaux risques engendrées par ces méthodes. Les chercheurs de l'INRS ont pu ainsi évaluer l'intérêt  des revêtements biocides, l'efficacité des purificateurs d’air, ou encore les risques liés à la désinfection par UV ou ozone.

1.Les revêtements biocides

Concernant les produits de revêtement à fonction biocide (membranes, films adhésifs, vernis...) les experts conditionne à minima leur efficacité à plusieurs points essentiels dont  :

  •  La présence d'un biocide ayant un effet sur le micro-organisme ciblé (SARS-CoV-2) et que cet effet soit rapide ;
  • Un nettoyage rigoureux de la surface préalable à la pose du revêtement ou du vernis.

Mais au-delà l'INRS rappelle que  la désinfection ne s'envisage que pour les surfaces présentant un fort risque de contamination et que ces surfaces nécessitent donc un nettoyage très fréquent pour que le revêtement biocide continue d’agir. « Au regard des incertitudes sur l'efficacité de ces revêtements à fonction biocide et des conditions nécessaires pour qu'ils puissent agir comme leur nettoyage fréquent, ces produits ne peuvent pas être préconisés comme moyen de lutte contre la transmission du virus » conclut l'avis.

2.Les purificateurs d'air

L'avis de l'INRS concernant cette technique déployée notamment par la région Rhône-Alpes-Auverge dans ses lycées est lui aussi très nuancé. « Ces dispositifs aspirent l’air d’un local de travail et le rejettent dans ce même local après l’avoir traité par différents procédés. Basés sur une filtration HEPA  (classe minimale H13 selon la norme EN 1822-1) ils peuvent diminuer la concentration de virus susceptibles d’être présents dans l’air mais ne peuvent en aucun cas se substituer aux apports d’air extérieur définis par le code du travail. Qu’ils fonctionnent en mode continu ou en mode séquentiel, ces dispositifs ne doivent donc être utilisés que comme compléments aux systèmes de ventilation (et pour maintenir des conditions de travail acceptables, notamment en situation hivernale). Par ailleurs les experts de l'INRS déconseillent de choisir des appareils utilisant un traitement physico-chimique de l’air (catalyse, photocatalyse, plasma, ozonation, charbons actifs…). « Non seulement leur efficacité vis-à-vis des virus n’est pas prouvée mais suite à une dégradation de polluants parfois incomplète, ils peuvent impacter négativement la qualité de l’air intérieur par la formation de composés potentiellement dangereux pour la santé, y compris des agents chimiques CMR » poursuivent les scientifiques.

3.Les lampes de désinfection par UV

S’agissant de la désinfection des locaux, ce système nécessite que toutes les surfaces soient exposées au rayonnement direct (aucun effet derrière une paroi ou en dessous d’un meuble par exemple) et nettoyées préalablement (le virus pouvant être protégé des rayons par les salissures).

Attention toutefois alerte l'INRS :

  • Certains produits de désinfection comme les produits chlorés peuvent se décomposer sous l’action des UV en produits secondaires susceptibles d’être nocifs pour la santé ;
  • Pour les personnels exposés au rayonnement UV-C, les risques pour la santé peuvent être importants (« coups de soleil » pouvant allant du simple érythème à des lésions plus graves ainsi qu’au niveau des yeux avec inflammation de la cornée et conjonctive ;
  • Certaines lampes fortement énergétiques émettent un rayonnement dans le domaine UV lointain avec pour conséquence la production d’ozone dans des proportions non négligeables.

Le code du travail fixe des valeurs limites d’exposition professionnelles (VLEP) pour protéger les salariés. L’acheteur doit s’assurer de la conformité CE de l’appareil émettant des UV-C qui ne doit jamais fonctionner en présence des salariés et toujours être mis en service par des personnels avertis.

4.L'ozone gazeux

« Si plusieurs études présentent de bons résultats sur diverses bactéries, moisissures et levures, la recherche bibliographique n’a pas permis de trouver d’études sur des virus « enveloppés » comme le SARS-CoV-2. Rappelons que l’ozone est un gaz irritant pour la peau et surtout les yeux et les muqueuses. Par ailleurs, bien que l’ozone soit ininflammable, il peut aussi entrainer l’inflammation de matières combustibles et être à l’origine d’explosions, sous certaines conditions » avertit l'INRS qui pointe également l'utilisation de machines générant des concentrations en ozone jusqu'à plus de 100 fois supérieures à la VLEP journalière.

« Au regard des risques encourus par l’utilisation de l’ozone gazeux et des incertitudes qui semblent exister sur son efficacité vis-à-vis du SARS-CoV-2, l’application de la démarche de prévention des risques chimiques impose de chercher à substituer ce procédé par un autre moins dangereux, en s’assurant qu’il remplit l’objectif initial d’élimination du virus » tranche les experts des l'INRS

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